Asana ( posture) : MĂ©ditation musculaire 😊🙏

STHIRA – SUKHAM : STABILITE – AISANCE

Dans l’immobilitĂ© de la posture, loin de s’agiter , les muscles  » restent » : certains contractĂ©s, d’autres ‘ »Ă©tirĂ©s », d’autres encore « relĂąchĂ©s », mais tous restent, se stabilisent, pondĂšrent , mĂ©ditent . Ils se rĂ©vĂšlent.

Ici, dans PASCHIMATANASA ( Ă©tirement postĂ©rieur) , les ischions jambiers Ă  l’arriĂšre de la cuisse rĂ©alisent son raccourcissement endĂ©mique.

LĂ , dans DHANURANASANA ( posture de l’arc) le quadriceps Ă  l’avant de la cuisse dĂ©voile sa secrĂšte crispation.

Ici, dans SHIRSHASANA ( posture inversée) les bras et les épaules mesurent leur insuffisance, la colonne vertébrale réfléchit sur sa raideur.

 

LĂ , dans VRIKSHASANA ( posture de l’arbre) les oscillations donnent aux jambiers matiĂšre Ă  « penser ».

Si l’on considĂšre le nombre et la variĂ©tĂ© des postures de Yoga, on voit rapidement qu’il y a occasion Ă  mĂ©diter pour tous nos muscles. Ils doivent avoir la juste tension, le juste tonus pour que le l’instrument corporel soit accordĂ© et joue de sa propre musique, pour qu’il puisse agir sans effort excessif, sans fatigue mais avec efficacitĂ©.

Dans le maintien postural de l’Asana, il y a un premier temps pendant lequel nous laissons le corps se raccorder : cela ne se fait pas mĂ©caniquement, mais bien au contraire dans l’attention, dans le sentir, dans l’ĂȘtre conscient, et cela peut aboutir Ă  un deuxiĂšme temps, oĂč la plus belle musique est lĂ  : le silence. Non pas le silence d’omission, de refoulement, non pas la parole cachĂ©e qui attend d’exploser, mais le silence vrai , le silence de lĂ©gĂšretĂ©, de non conflit, d’Ă©quilibre , d’abandon. Dans ce silence musculaire, il y a harmonie entre les diffĂ©rentes forces agissant sur le corps : les grandes forces d’enroulement et de redressement, de flexion et d’extension, d’ouverture et de fermeture, de dĂ©fense et d’attaque, de rotation et de propulsion, de dĂ©roulement et de spirale…des forces qui se matĂ©rialisent en structures musculaires, en chaĂźnes, en plans, en systĂšmes antĂ©rieur-postĂ©rieur, droit-gauche, interne-externe etc…Ces couples sont souvent en disharmonies, parfois sous tendent et les dirigent, c’est Ă  dire pulsions, dĂ©sirs, reprĂ©sentations, croyances , pensĂ©es.

Or dans l’immobilitĂ© des Asana, dans l’absence de  » but  » externe, toutes ces forces retrouvent progressivement leur vocation de complĂ©mentaritĂ©, leur Ă©quilibre le plus fin et adaptĂ©, donc mobile, dynamique ( mĂȘme si nous ne bougeons pas) , elles recouvrent leur juste mesure , et oh miracle, elles ne bavardent plus. La tension devient attention. Le corps sort de la conflictualitĂ© .Pantajali nous le dit bien : L’Asana est stabilitĂ©- d’accord- mais elle est aussi et en mĂȘme temps aisance, libertĂ©, oĂč les assauts de la dualitĂ© ordinaire cessent . Mais…mais : il y a pour cela des conditions . D’abord prĂ©vient Pantajali, il faut lĂącher : lĂącher tout effort indu, inutile, redondant, toute rĂ©sistance, tout acharnement, toute  » triviale » poursuite. Ce qui veut dire, dans notre contexte, lĂącher toute image-fantasme de « posture parfaite ».

Et qui poursuit, qui rĂ©siste : mais oui bien sĂ»r, c’est bien l’Ă©go, c’est bien lui! c’est lui qui tire les ficelles, c’est lui qui fait tourner le moulin Ă  trop grande vitesse. C’est lui qui prend et rejette, s’accroche et et s’oppose, se fragmente. Mais il faut bien qu’un jour il accepte de rentrer dans ses territoires, de se taire, de se dissoudre par une alchimie intime , subtile , profonde et sincĂšre.

La condition pour que la posture soit aussi Asana, est l’acceptation ( mĂȘme momentanĂ©e) de l’Ă©go Ă  se taire, et ce qui la rend possible est l’attention Ă  ce qui est, attention aux sensations corporelles, prĂ©sentes d’instant en instant, un inspir et expir calme et rĂ©gulier, long et profond , et Ă  ce moment lĂ  l’Ă©nergie la plus subtile du corps s’Ă©veille, elle se dynamise et circule plus librement.

L’essentiel est que nous sommes lĂ , ou plutĂŽt qu’il y a un  » ĂȘtre lĂ  » . LĂ , pas ailleurs, maintenant , et pas avant ni aprĂšs.

Alors le silence peut arriver, un silence oĂč aucun son n’est Ă©mis, mais oĂč tous les sons peuvent ĂȘtre « entendus », un silence qui peut ĂȘtre traversĂ© par des « cris », des « voix », des « soupirs », des « rires »….

Seule l’attention demeure. Elle n’est ni objet, ni sujet. Elle n’est pas « mon » attention : elle est  » lumiĂšre impersonnelle. 

LorĂ©dana Hamoniaux ( Formatrice d’enseignants Ă  l’EFY de PARIS , entre autre. Elle nous a quittĂ© en 2011).

🙏 NamastĂ©


 

 

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